LES TECHNIQUES UTILISEES

LES FRESQUES DU CHOEUR

Les dégradations

 

Moisissures ou variation de couleur, dues avant tout à l'humidité

Infiltration d'eau, condensation provenant d'importants écarts de températures entre l'interieur et l'extérieur de l'église, il faut dire aussi que les matériaux utilisés pendant la guerre n'étaient pas de bonne qualité: présence de sable marin dans les enduits entraînant de sérieuses altérations des pigments sur les murs nord et sud.

Ainsi, sous l'effet de l'infiltration, dans " la vocation de St Pierre et André ", l'azurite utilisée pour la tunique

de Saint Pierre qui devait être bleue a viré au vert, la voile et le visage d'André peints à la base de blanc de plomb ont pris une teinte brune.

De plus, comme les restaurateurs nous l'ont expliqué lors de leur expertise, la rigueur de l'hiver pendant lequel ces fresques furent réalisées n'offrait pas les conditions idéales à la bonne prise de l'enduit et à sa parfaite carbonatation. En outre, l'épaisseur de la couche d'intonaco s'est révélée parfois trop mince.

Enfin, les restaurateurs ont décelé une proportion importante des fresques achevée à sec, ces zones, non carbonatées ayant perdu avec le temps leur cohésion, ont été en partie effacées.

Les techniques utilisées par Nadine LANDOWSKI

Le travail " a fresco" exige beaucoup de préparation et une grande sûreté d'exécution, car l'artiste ne peut peindre que sur un enduit encore humide. Les retouches (appelées " repentir ") sont très difficiles à faire et à réussir. Il faut peindre des maquettes, (ou cartons) de grande dimension, et les quadriller pour permettre le report de chaque scène à la bonne échelle sur les parois du choeur. (Une petite fille de Nadine Landowski en possède une sur un lé de papier, Il s'agit de "la guérison de l'infirme par les apôtres Pierre et Jean", 3ème panneau". réalisée au fusain, à l'aquarelle et à la gouache).

 

La fresque demande 2 couches d"enduits

Une première: l' "arricio", c'est un crépi d'environ 1 cm. d'épaisseur, à base de sable, de chaux et d'eau, destiné à égaliser la surface du mur, et aussi à constituer une réserve d'humidité.

La deuxième couche: l' "intonaco ", plus mince, et plus soignée, contient normalement un peu de poudre de marbre (ou de pouzzolane). C'est sur elle que sont appliqués les dessins préparatoires puis la peinture, à base essentiellement de pigments naturels. Le maintien de la qualité chromatique de pigments, et leur bonne fixation dépend, d'une réaction chimique appelée : carbonatation (par transformation, lors du séchage, de l'hydrate de calcium contenu dans la chaux). Il faut toutefois 3 mois de séchage pour obtenir les tons définitifs.

Les dessins préparatoires qui sont traçés sur l'intonaco sont souvent faits avec un instrument pointu, la trace en relief, moins visible de loin, permet des ajustements. Mais le dessin peut aussi être fait "en poncif".

Avec un calque où les lignes du dessin sont percées de petits trous, on applique un sachet de gaze rempli de poudre de charbon de bois ou de pigment coloré, et l'on reporte ainsi les motifs

L'application de la peinture se fait selon les "giornate" définies par l'artiste. Compte-tenu de la nécessité de travailler sur un enduit humide, on prévoit un découpage de la fresque en journée de travail pour appliquer l' "intonaco" , le dessin et la peinture.

La restauration des fresques a permis grâce à un examen attentif des joints, de reconstituer la chronologie

de ces "giornate".